Au début, existait l’Association française des chroniqueurs de tourisme. Fondée en 1936 elle a pour but de décerner un prix littéraire annuel. Devenue l’Afjet, (Association française des journalistes et écrivains de tourisme) elle regroupe alors aussi bien des chroniqueurs, que des écrivains, des conférenciers, des photographes ou des illustrateurs.

Au début des années 70, certains journalistes ne se sentent plus à l’aise au sein de cette association « fourre-tout ». « Je me souviens avoir craqué et donné ma démission quand j’ai rencontré en reportage une femme dentiste professionnelle en activité qui avait, une fois, raconté ses vacances dans son bulletin paroissial à Neuilly et qui depuis était membre de l’Afjet. Elle recevait documents et invitations » rappelle ainsi notre illustre consœur Monique Gilbert.

Regroupés autour de Léo Sennegon, journaliste à la La Gazette officielle du tourisme (Agence ONI de Bernard-Quelin), quelques journalistes de tourisme, essentiellement des plein-temps dans des titres comme le Monde, le Figaro, France Soir, l’Express, Réalités se réunissent en 1971 autour de l’idée d’une sorte de « club pro », limité à un journaliste par titre avec des justificatifs et une carte de presse. L’APJT, Association professionnelle des journalistes de Tourisme est née !

Au départ l’APJT se voit comme une sorte d’Académie qui ne grouperait que 40 membres, cooptés et triés sur le volet. La double appartenance avec l’Afjet est rapidement interdite. Tolérée jusqu’en 1975, l’interdiction devient effective l’année suivante. Six membres qui refusent de choisir sont exclus au cours de cette « épuration ». Mais l’idée de l’Académie fait long feu. En 1985, l’APJT, victime de son succès (ou de son sérieux ?) compte 58 membres représentant 85 titres, agences et chaînes « radio-télé ». L’association fait sensation au sein du secteur en attribuant chaque année un attirant prix « caramel » et un redouté prix « citron » au meilleur et au pire attaché de presse (le premier prix « caramel » est donné à Colette Martin, alors à la Direction du Tourisme. Le premier prix « citron » revient déjà à Air France).

Reconnue comme tout à fait crédible par les professionnels du tourisme, l’APJT ne regroupe pourtant pas tous les journalistes du secteur. Il existe en effet depuis 1964 sous la présidence d’honneur de Paul Émile Victor, une Association des journalistes de Plein air. Très orienté camping et caravaning ( un secteur en pleine expansion dans les années 60), l’AJP s’est rapidement ouverte sur le monde de la pêche et du ski. Elle crée un « Oscar » décerné chaque année à un produit ou à une personnalité du monde de « l’outdoor ». La part du plein air étant de moins en moins primordiale, l’AJP garde son sigle, mais change de nom devenant l’Association des Journalistes de vacances et de Plein air. « L’organisateur de l’AG (à l’époque celle-ci était entièrement prise en charge) devenait le « partenaire de l’année » et on lui remettait un trophée spécial » rappelle Christian Thomas, président de l’AJP à partir de 1992. « Lors de l’AG, il y avait des ateliers pour permettre à des acteurs locaux du tourisme qui n’avaient pas les moyens de s’offrir des stands sur les salons, de nous faire part de leurs activités. Gros succès et grandes fêtes notamment en 1994 à Aix-les-Bains pour les 30 ans de l’AJP » précise Christian Thomas. L’existence de deux associations parallèles affaiblit la représentativité des journalistes de tourisme. Deux interlocuteurs pour le ministère, deux cotisations pour les attachés de presse, deux soirées, deux AG… Un double effort bien inutile d’autant qu’une quinzaine de journalistes sont membres des deux structures.

Il faut pourtant attendre le milieu des années 90 pour voir les deux associations se rapprocher. En 1996, sous les présidences de Christian Thomas (AJP) et Yves Nouchi (APJT) les AG respectives des deux associations votent sur un texte concocté par les deux présidents. Côté APJT, le vote est favorable. À l’AJP la majorité n’est pas atteinte. Une commission de 6 membres (3 dans chaque association) se réunit alors tous les mois à la Maison du Nord-Pas-de-Calais pour élaborer des projets de statuts et de fonctionnement. Les conclusions sont présentées aux assemblées générales respectives de 1997: à Pamiers pour l’AJP ; à Lausanne pour l’APJT. Un membre du conseil de l’autre association étant invité à l’AG voisine. C’est Michel Bonduelle qui se rend à Pamiers et Nicolas Thibaut et Christian Thomas qui font le voyage jusqu’à Lausanne. Les AG votent le regroupement. Le 31 décembre 1997, les deux entités se dissolvent pour n’en former plus qu’une au 1er janvier 1998. Bienvenue à l’AJT, l’Association des Journalistes du Tourisme.