La Meuse côté papilles : madeleines de Commercy, truffes, vin de pays des côtes de Meuse… A la découverte des spécialités du terroir.

Ce matin-là, la vingtaine de journalistes qui avait choisi la promenade gourmande en Meuse se promettait mille plaisirs dans cette découverte. Et nous voilà en car traversant villes et villages dont Saint-Mihiel qu’on aurait aimé visiter, mais ce n’est pas pour nous. Nous allons goûter les nourritures terrestres de cette terre. Et incroyable mais vrai, y prendre un grand plaisir.

Premier arrêt à Boncourt-sur-Meuse à la Maison des Truffes et de la Trufficulture. L’accueil de Lydie et de Marc est sympathique. Ils nous laissent nous essaimer dans cet espace, ancienne ferme lorraine transformée en musée. Bien aménagé pour aider le visiteur à découvrir l’univers de la truffe et lui mettre l’eau à la bouche comme la truffe dans la gueule du chien. Car après avoir regardé l’exposition et le film qui invitent à suivre ce parcours initiatique, nous avons suivi le caveur et ses chiens dans la truffière.

 

Sous un soleil automnal, la colline couverte d’allées de noisetiers nous révélait ses secrets grâce à Jean-Sébastien Pousse, ingénieur forestier et responsable créateur de la Maison des truffes. Jean-Sébastien est plus que cela. C’est un passionné amoureux de sa terre qu’il nourrit pour y dénicher ses trésors. Accompagnés de sa chienne Biloba et d’un jeune chien, nous entamons la grimpette pour accéder à la colline où les noisettes tombent sur les feuilles mortes. Nos deux chiens sont à l’œuvre et font des allers et retours en reniflant, tournent en rond jusqu’au moment où ils s’arrêtent et grattent et creusent la terre. Alors, le maitre approche et d’un geste retire la truffe bien ronde et noire à forte odeur. Il donne au chien en récompense un tout petit bout de fromage. De retour au musée, nous trouvons deux producteurs installés avec leur panier et leur balance en train de vendre leurs truffes et les produits dérivés. Cette vente a lieu tous les samedis d’octobre à décembre.

 

Après une agréable dégustation de toasts truffés, nous filons à Commercy où nous attendent des élus pour déjeuner au restaurant « La Madeleine ». Les responsables de la ville se réjouissent de l’arrivée de l’entreprise américaine « Safran », constructeur de moteurs d’avion accompagnée de son personnel et des pilotes qui prendront la place des militaires et de leurs casernes. C’est pour eux un grand soulagement car la commune sans ses soldats dépérissait. En sortant du restaurant nous sommes attendus par l’entreprise familiale Zins, célèbre pour la fabrication artisanale de la madeleine sous toutes ses formes. Les photographes ont pu suivre les différentes étapes car l’atelier est intégré à la boutique où le visiteur a l’embarras du choix.

 

Le temps de se reposer dans le car en se rappelant le destin de Madeleine, celle qui à l’improviste dans les cuisines royales de Commercy a conçu un soir ce biscuit qui a tant plus à Stanislas. Et son devenir célèbre, même chez les soldats des casernes qui en achetaient sur le quai de la gare. Ce n’était pas la Madelon mais la madeleine qu’ils appréciaient.

Sur les routes de Lorraine, on se dirige alors vers Les Côtes de Meuse, belle région boisées aux formes arrondies. Nous roulons pour arriver au Domaine de Muzy entouré de coteaux couverts de vignes et de vergers dominés par un massif forestier qui apporte fraicheur et ombre. A Combres-sous-Les-Côtes Véronique et Jean-Marc Lienard se sont lancés dans l’aventure en 1982 avec une dizaine d’hectares de vignes et des vins blancs, rouges et gris très agréables en bouche pour y avoir goûté lors de la dégustation dans les caves. Ce couple viticulteur fut courageux car ils se sont réapproprié le métier du grand-père Emilien et ils ont fait le pari de remettre en valeur les typicités du terroir. La composition de la terre, le choix des cépages, les saisons, la lune sont pris en compte et encore d’autres facteurs pour parvenir à un bon vin. Pari tenu avec une dizaine d’hectares de vigne sous l’appellation Vin de Pays des Côtes de Meuse, et, avec une quinzaine de vergers où la mirabelle règne en maitresse de région.

 

 

Un gros nuage noir vint nous menacer et le ciel s’assombrir si bien que nos accompagnateurs nous ont obligés à reprendre la route vers Verdun. Nos viticulteurs eux reprenaient leur vendange qui battait son plein. Ce fut une journée bien remplie en Meuse où tout fut bon.

Texte : Maguy Roire

Photos : Jo Pessendorfer