Durant deux jours, le conseil d’administration de l’AJT s’est réuni à Mandelieu-La Napoule, à l’invitation de son office de tourisme. Une parenthèse à la fois studieuse et pleine de découvertes, dans une ville de la Côte d’Azur qui mérite vraiment le détour.
Par Fred Cheutin
Photos Caroline Paux
Non, la Côte d’Azur ne se résume pas à Nice ou Cannes. Elle garde encore quelques perles plus discrètes, moins attendues, mais tout aussi séduisantes. Mandelieu-La Napoule en fait partie, avec son bord de mer, son château, ses collines de mimosa, ses golfs et cette douceur méditerranéenne qui donne envie de ralentir.
Pendant deux jours, le CA de l’Association y a posé ses valises. Pour, d’abord, tenir notre conseil d’administration mensuel. Une réunion décentralisée, à la fois studieuse et conviviale, à l’hôtel Îlot du Golf. Puis pour découvrir une destination attachante, riche d’histoires, de paysages et de rencontres.
Merci à Mandelieu tourisme pour son accueil, sa disponibilité et son efficacité. Mention spéciale à Sophie Brugerolles, dont la gentillesse et la réactivité ont accompagné chaque moment du séjour. Une question ? Elle avait la réponse. Un imprévu ? Elle trouvait la solution.
Une ville facile d’accès
Première bonne surprise : Mandelieu-La Napoule est facile d’accès. Depuis Paris, un vol direct permet de rejoindre Nice, avant un trajet rapide par l’autoroute. On peut aussi venir en train depuis Marseille, Nice ou d’autres villes de la région.
La commune compte environ 22 000 habitants, mais sa population grimpe fortement en été (+ de 60 000). Elle garde pourtant une taille agréable, entre ville balnéaire, cité-jardin et station de séjour.
À noter, dès l’arrivée, un passage plein de charme : le tunnel piéton qui relie la ville “haute” au bord de mer, sous les voies ferrées de la gare. Décoré sur le thème de Vingt mille lieues sous les mers, il rend hommage à l’univers de Jules Verne. Portrait du capitaine Nemo, schéma du Nautilus, krakens et scaphandriers accompagnent les promeneurs dans cette traversée inattendue.
Le château de La Napoule, sauvé par les Clews
À la sortie du tunnel, après une petite place charmante et quelques pas vers le front de mer, se dresse le château de La Napoule. Cette ancienne forteresse médiévale fut édifiée en 1387 par les comtes de Villeneuve pour protéger la ville des invasions, notamment mauresques.
Tombé presque en ruine, le château connaît une seconde vie après la Première Guerre mondiale. Un couple d’Américains de passage sur la Côte d’Azur décide alors de le racheter et de le transformer en un lieu entièrement dédié à l’art, à l’imaginaire et à leur histoire d’amour.
Ce couple, ce sont Henry et Mary Clews. Lui est fils de banquier, artiste peintre et sculpteur. Elle est architecte, plus jeune, élégante, passionnée, et d’une beauté à faire chavirer un saint. Ensemble, ils vont redonner vie au château, à ses jardins et créer un monde fantastique. Leur devise résume leur univers : Once upon a time. Il était une fois.
Une fondation dédiée à l’art créée par Mary Clews
À visiter absolument : l’atelier d’Henry Clews. Cette immense verrière abrite ses œuvres, dont aucune n’a été vendue. Sur une chaise, la veste du sculpteur donne presque l’impression qu’il va revenir d’un instant à l’autre reprendre ses travaux.
Aujourd’hui, le château abrite l’Association d’art de La Napoule – Mémorial Henry Clews, fondée en 1951 par Mary Clews. Ce lieu d’échanges culturels international accueille colloques, expositions, concerts, spectacle… Et un programme de résidences d’artistes. Ceux-ci sont logés à proximité, à la villa Marguerite, demeure du XIXe siècle ayant appartenu à la princesse Daisy of Pless, aujourd’hui propriété de la Napoule Art Foundation, au même titre que le château.
Mythe, mystère et allégresse
Le château aux aspirations résolument néo-gothique avec son cloître, imaginé par Henry Clews, sa salle à manger façon réfectoire de chevaliers, sa terrasse surplombant la mer, ses deux tours, Sarrazine et Romaine, et son jardin. Mary Clews y a imaginé un vaste ensemble anglo-provençal, traversé par une allée droite conduisant au château depuis la rue. Pins, fontaines, sculptures, perspectives sur la mer : tout y compose un décor à la fois maîtrisé et poétique.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que le château était occupé par les Allemands, Mary Clews trouva refuge dans ce jardin qu’elle avait elle-même dessiné.
Une inscription murale résume l’esprit des lieux : Myth – Mystery – Mirth. Mythe, mystère, allégresse. Trois mots qui vont très bien à ce château singulier, à la fois romantique, fantasque et profondément attachant.
Quand un grand-duc russe transforme Mandelieu
De l’allégresse, on en ressent aussi en parcourant Mandelieu-La Napoule. La ville se découvre facilement, dans une atmosphère tranquille. Elle est propre, sûre (elle compte 500 caméras de vidéo-surveillance et une police municipale omniprésente), agréable pour les familles et les enfants.
Elle est aussi très verte. Sur les 3 300 hectares de la commune, les deux tiers sont en zone verte ou protégée. Cette qualité paysagère doit beaucoup à son environnement naturel, mais aussi à la présence de ses deux golfs.
Le plus ancien, le Old Course, fut fondé en 1891 par le grand-duc Michel de Russie, frère du tsar Nicolas II. Il avait découvert le golf en Angleterre et souhaitait l’implanter au bord de la Méditerranée.
Le lieu devient vite mondain. Têtes couronnées et aristocratie européenne, qui hivernent alors à Cannes, viennent y jouer. Pour faciliter les déplacements vers Mandelieu, le grand-duc contribue au développement de la gare. On lui doit aussi l’essor du premier terrain d’aviation, installé sur l’ancien hippodrome, avec le premier meeting aérien en 1901 (il est toujours en service pour les avions d’affaire), ainsi qu’une jetée pour les régates en 1909. Sans oublier la Corniche d’or, une route panoramique, inaugurée en 1903, reliant le littoral de l’Estérel.
Cette période marque durablement l’histoire de Mandelieu-La Napoule, à la croisée du tourisme aristocratique, des sports élégants et des premiers loisirs modernes.
Le Old Course, un golf historique
Aujourd’hui, le Old Course s’étend sur 74 hectares plantés de quelque 4 000 pins parasols. Il accueille chaque année 50 000 visiteurs, séduits par son cadre, son club-house de style normand, niché sous un énorme pin parasol, et son atmosphère hors du temps. Son excellent restaurant également.
Particularité charmante : pour poursuivre le parcours, les golfeurs traversent la Siagne en bac. Un détail rare, presque cinématographique, qui ajoute encore au charme du lieu.
Le golf présente aussi une dimension environnementale intéressante, puisqu’il est arrosé avec de l’eau recyclée.
Barbossi, l’autre golf de Mandelieu
Plus récent, le Riviera Golf de Barbossi a été créé en 1991 sur l’ancien terrain de polo de Mandelieu, lui aussi voulu en son temps par le grand-duc Michel de Russie.
Dessiné par le célèbre architecte américain Robert Trent Jones Senior, ce parcours de 18 trous offre de superbes vues sur le massif de l’Estérel et les vignes du domaine de Barbossi.
Avec ses deux golfs, Mandelieu-La Napoule a su préserver de vastes espaces verts, tout en affirmant une identité sportive et paysagère forte.
Un cadre naturel entre mer, rivière et massifs
Les golfs ne sont pas les seuls atouts naturels de Mandelieu-La Napoule. La commune bénéficie d’un cadre remarquable, entre Méditerranée, massif de l’Estérel et massif du Tanneron.
La Siagne traverse ce paysage avant de se jeter dans la mer. Sur ses rives se sont développées des marinas, refuges paisibles pour les amoureux de bateau et de tranquillité.
Ces paysages se découvrent aussi à pied ou à vélo. Plusieurs membres du conseil d’administration de l’AJT ont ainsi profité d’une balade en VTT électrique, depuis l’hôtel Îlot du Golf jusqu’aux hauteurs de la ville, puis vers le bord de mer et Théoule-sur-Mer.
Le mont San Peyre, ancien volcan culminant à 131 mètres, offre un beau point de vue sur la baie. À son sommet subsistent quelques pans de murailles et des vestiges du donjon du premier château de Mandelieu, détruit en 1387. Un rappel que la ville, sous ses airs de station balnéaire, possède une histoire ancienne et stratifiée.
Une ville aux quatre châteaux
Mandelieu-La Napoule compte en effet plusieurs châteaux. Outre le château de La Napoule et les vestiges du mont San Peyre, on trouve aussi le château d’Agecroft.
Édifié en 1918 par Harry Leland de Langley, un aristocrate anglais, le château d’Agecroft fut vendu après la Seconde Guerre mondiale aux Houillères du Nord-Pas-de-Calais. Celles-ci le réhabilitèrent pour en faire un centre de vacances destiné aux mineurs de charbon et à leurs familles.
Depuis lors, Mandelieu-la-Napoule tient depuis lors une place spéciale dans le cœur des gens du Nord émerveillés par la mer, le bleu du ciel et ce soleil qui donne au Sud une lumière si particulière. Le château Agecroft accueille toujours des vacanciers, notamment dans le cadre de séjours liés à des comités d’entreprise.
Dernier château de la commune, celui du quartier des Capitouls est aujourd’hui abandonné.
La mer, les plages et l’e-foil
Mandelieu, c’est aussi un casino JOA dans l’hôtel Pullman et, sans surprise, la mer. La commune compte sept plages de sable fin : la Raguette, le Château, la Rague, Robinson, le Sable d’Or, les Dauphins et Fon Marina.
Les amateurs de sensations peuvent y tester l’e-foil, une planche de surf électrique équipée d’un foil sous-marin. Dès que la planche prend de la vitesse, elle se soulève au-dessus de l’eau et donne la sensation de voler silencieusement sur les flots.
Deux membres du conseil d’administration de l’AJT se sont essayés à cette discipline. Résultats mitigés, mais plaisir évident de la découverte.
À noter également, sur la plage de la Raguette, la présence depuis 2025 d’une sculpture d’avion posée sur un rocher. Elle représente un bombardier américain B-24 Liberator, abattu en mer le 15 mai 1944. Ses onze membres d’équipage perdirent alors la vie. Une œuvre discrète, mais émouvante, qui inscrit aussi le littoral dans la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Mandelieu-La Napoule, une destination attachante
Au terme de ces deux jours, Mandelieu-La Napoule s’est révélée bien plus riche qu’on ne l’imagine au premier regard. On y trouve la mer, les plages, les golfs, les châteaux, la Siagne, les massifs, les jardins et le mimosa. Mais ce qui touche le plus, peut-être, c’est cette superposition d’histoires. L’histoire médiévale du château de La Napoule. L’histoire fantasque et artistique des Clews. L’histoire aristocratique du grand-duc Michel de Russie. L’histoire ouvrière des mineurs du Nord. Et l’histoire plus simple, plus quotidienne, d’une ville où l’on se sent bien. Sans oublier l’histoire du mimosa et de ses producteurs, car n’oublions pas, Mandelieu-la-Napoule est la capitale du mimosa !
Mandelieu-La Napoule n’a pas besoin de jouer les grandes voisines de la Côte d’Azur. Elle a son charme propre. Plus discret. Plus doux. Plus inattendu. Et c’est sans doute pour cela qu’on la quitte avec l’envie d’y revenir.
Adresses à retenir
Mandelieu-La Napoule compte aussi quelques adresses qui valent le détour.
Hôtel-restaurant Îlot du Golf. Pendant deux nuits, nous avons été accueillis à l’Îlot du Golf, hôtel 4 étoiles posé au bord de la Siagne. Un cadre paisible, une piscine, des espaces de détente et un ponton privé en font une belle adresse pour rayonner dans Mandelieu-La Napoule.
Son restaurant, Le K, mérite lui aussi le détour, avec une cuisine méditerranéenne fraîche et savoureuse, servie dans une atmosphère élégante et conviviale.
L’hôtel Casarose, quatre étoiles, affiche une ambiance californienne très seventies. Couleurs flashy, atmosphère décontractée, esprit festif : une adresse idéale, très fun et confortable, pour les familles et les visiteurs qui aiment les lieux joyeux et assumés. Particularité, il a obtenu la note de 88,6/100 au quotient émotionnel SensCité ! Son Rose Restaurant prolonge cette atmosphère joyeuse, entre table conviviale et lounge décontracté. On y déjeune, on y dîne ou l’on y prend simplement un verre, autour d’une cuisine généreuse inspirée des produits locaux, des légumes de saison et de la pêche méditerranéenne.
La Cascade des Glaces, située entre la gare et la place de la Fontaine. Les gourmands y trouveront notamment la fameuse Gaillette, une glace noire au charbon végétal, chicorée, caramel et spéculoos, inspirée de l’univers des mineurs du Nord. Une glace symbolique. Elle rend hommage à ces hommes du fond et à cette histoire particulière qui relie Mandelieu-La Napoule au bassin minier. Des gens dont la gentillesse est reconnue à l’instar de celle des Mandolociens. Une manière douce et agréable de faire dialoguer le noir du charbon et l’or du mimosa.
Pépite. Côté table, halte agréable à la brasserie-restaurant Pépite, installée sur le port de La Napoule. De grandes terrasses, une ambiance conviviale et une vue directe sur le port, l’adresse joue la carte d’une cuisine simple, généreuse et facile à partager. L’escale parfaite après une balade sur le front de mer ou une visite du château voisin.
Mandelieu-Tourisme. Office de Tourisme et des Congrès de Mandelieu, 806 avenue de Cannes – 06210 Mandelieu-La Napoule. Tél. : 04 93 93 64 64
L’AJT en VTT électrique, Mandelieu côté nature
Pour prendre un peu de hauteur sur Mandelieu-La Napoule, rien de tel qu’une sortie en VTT électrique. Pendant deux heures, accompagnés par notre moniteur Thierry Jouanjan, nous avons découvert une autre facette de la ville, plus verte, plus sportive, mais toujours très accessible.
Avant le départ, quelques explications techniques nous ont permis de prendre en main nos beaux vélos, des VTT KTM Macina. Puis nous avons quitté l’hôtel Îlot du Golf pour grimper vers les hauteurs de Mandelieu, en direction du parc naturel départemental du San Peyre. Certains ont poursuivi à pied jusqu’au panorama du mont San Peyre, d’où la vue embrasse la baie, les îles de Lérins et les reliefs de l’Estérel.
La balade s’est ensuite prolongée vers le bord de mer, jusqu’au port de Théoule-sur-Mer. La lumière était douce, sans grand soleil, mais parfaite pour apprécier les paysages. Sur le chemin du retour, le passage le long de la Siagne a offert une parenthèse très agréable, paisible et presque bucolique, avant de rejoindre l’hôtel.
Une belle manière de découvrir Mandelieu-La Napoule autrement, entre nature, mer et rivière, avec juste ce qu’il faut d’effort… et beaucoup de plaisir.
Caroline Paux