Véronique Geoffroy de Bourgies, 10 ans déjà…

Elle devait avoir ce sourire éclatant qu’on lui connaissait avant que la rafale de kalachnikov ne vienne la transpercer de sa violence haineuse et lui ôte cette belle vie de journaliste bourlingueuse qu’elle aimait tant. Notre consœur Véronique Geoffroy de Bourgies avait 54 ans quand des fanatiques islamistes ont anéanti ses rêves d’évasion à une table de la Belle Équipe, rue de Charonne, le 13 novembre 2015.

Précurseur des sports-nature

Ancienne mannequin, toujours souriante, elle était aussi à l’aise en tant que journaliste à la « fashion week » que comme testeuse de sac de couchage et autre équipement « outdoor » en reportage au Sahara pour Le Figaro Madame. Précurseur, en 1997, de la valorisation des sports-nature, elle avait créé le « Guide des loisirs et sports nature », somme de ses reportages touristiques à la découverte des grands espaces et des rassemblements sportifs à la montagne, aux Philippines ou au Brésil…

« La nature n’a pas fini de nous étonner »… 

Car à l’heure où « l’être humain se met à surfer sur internet (…) la nature n’a pas fini de nous étonner », écrivait-elle dans sa préface. C’était il y a 28 ans et en tant que journaliste du tourisme, nous avons la joie de le constater et de le partager à chaque reportage.

Association Zazakely Sambatra

Plus tard, à l’occasion d’un voyage à Madagascar, Véronique a décidé, avec son mari Stéphane de Bourgies, photographe renommé, d’adopter deux jeunes orphelins, puis de créer une fondation, en 2004, pour tous les autres qu’ils ne pouvaient adopter… Son association Zazakely Sambatra (« enfants heureux »), devenue aujourd’hui Génération Mada, gère un centre d’accueil pour des jeunes en situation de vulnérabilité, près de la capitale Antananarivo.  

Apporteuse d’humanité

Nous pensons à son sourire, à sa joie de vivre, à ses fous-rires et à son grand professionnalisme de journaliste. Elle faisait partie de ces êtres avec qui on est heureux d’échanger, conscient qu’ils apportent à l’humanité « un peu plus que d’autres », comme l’écrivain Boualem Sansal dont on salue la libération.

Patricia-M. Colmant

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