Tour-opérateurs : un hiver solide, un été fragilisé par la géopolitique, l’espoir pour 2027

L’hiver aura finalement mieux résisté que prévu. Réunis ce 2 juillet à Paris, les responsables du SETO ont dressé le bilan d’une saison hivernale 2025-2026 globalement positive, tout en reconnaissant que le conflit au Moyen-Orient a brutalement cassé une dynamique jusque-là très favorable.

Entre le 1er novembre 2025 et le 30 avril 2026, les voyagistes membres du SETO ont fait voyager plus de 1,1 million de clients (+1,4 %), pour un volume d’affaires de 1,85 milliard d’euros (+2,5 %). Jusqu’à la fin février, les indicateurs affichaient une croissance supérieure à 5 %, portée notamment par un excellent hiver dans les stations françaises et la forte progression de destinations comme l’Égypte, l’Italie ou la République dominicaine. Puis le contexte international est venu freiner les réservations, réduisant une partie de l’avance acquise en début de saison.

Inquiétudes pour l’été

C’est surtout l’été 2026 qui concentre aujourd’hui les inquiétudes. Arrêtées au 31 mai, les réservations font apparaître un déficit de 85 000 voyageurs et près de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en moins par rapport à l’an dernier. Selon Patrice Caradec, président du SETO, l’incertitude géopolitique s’est ajoutée à la hausse du prix des carburants, du transport aérien et à un contexte inflationniste qui incite les Français à différer leurs décisions de départ.

Recul en Europe et aux Etats-Unis

Si l’Espagne reste la première destination estivale, elle recule légèrement, tout comme la Grèce, le Portugal ou la Turquie. La France fait figure d’exception avec une progression de plus de 6 %, soutenue par l’attractivité de la montagne en été. Les États-Unis enregistrent, eux, l’un des plus forts décrochages, pénalisés par un coût de séjour devenu dissuasif pour une partie de la clientèle française.

Réservations de dernière minute

Le secteur veut toutefois croire à un redressement progressif. Depuis le début du mois de juin, les professionnels observent un retour des réservations de dernière minute ainsi qu’un regain d’intérêt pour l’arrière-saison, en septembre et octobre. Sans effacer les pertes accumulées, cette clientèle plus attentiste contribue à stabiliser le marché.

L’envie de voyager demeure

Les premiers indicateurs pour l’hiver 2026-2027 renforcent cet optimisme prudent. À fin mai, les réservations progressaient déjà de 3,6 %, avec une recette moyenne en hausse de 6,7 %. La France se positionne en tête des destinations les plus dynamiques, devant la République dominicaine et l’île Maurice. Pour Patrice Caradec, ces premiers signaux confirment que l’envie de voyager demeure intacte malgré un environnement international instable. Les tour-opérateurs misent désormais sur leur capacité d’adaptation et sur une ouverture plus précoce des ventes pour accompagner ce retour progressif de la demande.

Anne Inquimbert


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